Free Web Hosting Provider - Web Hosting - E-commerce - High Speed Internet - Free Web Page
Search the Web



Bouddhisme

Les origines et les concepts fondamentaux


Un des aspects les plus fascinants pour la plupart des étrangers au Japon est le bouddhisme. En Occident le moindre shoji, la plus courante des laques sont souvent qualifiés de "zen". C'est méconnaître gravement la réalité religieuse nippone. Le bouddhisme zen, comme on va le voir, n'est qu'une petite partie du spectre religieux.

Le but de cet exposé n'en est pas un de prosélytisme. Je donne ces informations sur le bouddhisme pour pouvoir en apprécier la statuaire et la peinture.

Et puis je ne suis pas un spécialiste, loin de là! Je ne vous offre ici que des notes de lectures, rendues de mon mieux.



Bouddhisme au Japon
Le panthéon bouddhiste



Origines

Le bouddhisme est né en Inde, au début du 6ième siècle BC, des méditations philosophiques du prince Siddhartha Gautama. Ce personnage, élevé dans le comfort luxueux d'un palais, fut touché par la misère et la souffrance des gens ordinaires du royaume, dont il pu entrevoir l'existence entre un eunuque et une favorite, au cours d'un passage en ville, là-bas sur la gauche; c'était un mardi si je me souviens bien... Il décida de tout quitter et de chercher la sagesse dans les religions alors en vogue dans son pays et reliées à l'hindouisme. En vain. Entre l'ascèse et l'étude, il ne trouva point la solution au problème de la souffrance qui le préoccupait. Puis s'étant retiré du monde, assis sous un arbre - Newton reprendra la chose dans quelques siècles - il eu une illumination : pour se détacher de la souffrance, il faut se détacher des désirs.

Messieurs Derida, Foucault et Serres, grands philosophes qui lisent quotidiennement mon oeuvre, n'ont pas manqués de me mentionner le parallèle entre cette conception du bonheur et celle de plusieurs des philosophies hellénistiques, le stoïcisme et l'épicurisme principalement, mais c'est une autre histoire... Je me contenterai de rappeler que Siddharta est à peu près contemporain de Confucius et de Lao Tzu, et précède Platon de quelques générations.

Siddharta, aussi appelé Shakyamouni - le sage de la tribue des Shakya - serait né en 624 BC, à Loumbini, au nord de l'Inde, mais l'année n'est pas certaine. Sa vie est entourée de légendes : déposé à sa naissance sur un lotus par une divinité, il aurait été conçu sans souillure, suite à un rêve fait par sa mère, qui mourrut quelques jours après l'accouchement... Retenons que c'est vers l'âge de trente ans, suite à la rencontre d'un vieil homme, d'un malade et d'un cadavre qu'il réalise que la souffrance gouverne le monde. Il quitte alors palais, parents, femme et enfant pour rechercher la vérité, se retirant du monde. C'est à l'âge de trente-cinq ans, assis sous l’arbre Bodhi à Bodh Gaya, qu'il atteint l'illumination. La fin de sa vie se passera en enseignement. À sa mort à l'âge de quatre-vingt ans, son enseignement sera poursuivit par ses disciples et il prit le nom de Bouddha, qui signifie "éveillé" à la vérité.

L'enseignement

Le bouddhisme offre quatre vérités:

  • La souffrance existe
  • Cette souffrance a une origine
  • Il y a une cessation de la souffrance
  • Il existe une voie menant à cette cessation

Comme on l'a vu, la souffrance, telle que constatée par le Bouddha, est indéniable et les désirs sont la cause de cette souffrance. Tout dans le monde étant impliqué dans une relation de cause à effet, appelée karma, toutes nos actions, nos pensées mêmes, nous entraînent dans une suite de réincarnations, le samsara, hérité de l'hindouisme. Mais on peut rompre cette chaîne, et atteindre l'état de nirvana - le non-être - en suivant le dharma - la loi bouddhiste - qui est formée des quatre véritées citées plus haut et de l'octuple sentier, les lois morales nous guidant vers le bodhi - l'illumination - à savoir :

  • La compréhension juste
  • La pensée juste
  • La parole juste
  • L'action juste
  • Les moyens d'existence justes
  • L'effort juste
  • L'attention juste
  • La concentration juste

Essentiellement, en se détachant des désirs, passions et autres moteurs du karma, on se détache du cycle des réincarnations, pour atteindre un état neutre, le nirvana. Simple et de bon goût, mais la suite de l'enseignement se complique.

Les premiers bouddhistes qui théorisèrent la nouvelle religion aimaient les chiffres, les symboles, les détails. Des cinq agrégats aux trois joyaux, des douze causes de la souffrance aux dieux de l'hindouisme, qu'il fallait bien inclure d'une façon ou d'une autre, partant d'une philosophie du bonheur finalement toute simple, on arrive à un canon de centaines de livres, à des écoles et des sectes, à une lourde tradition, à tout un système religieux, que dans mon esprit de non-bouddhiste bête et méchant, je prend avec un grain de sel et duquel je ne retiendrai ici que ce qui est essentiel à mon propos : la statuaire et la peinture bouddhistes japonaises.

Les grands courants du bouddhisme

Parti de l'Inde, le bouddhisme, au fil des siècles, envahira tout l'Extrême-Orient et le sud-est asiatique. Il passera au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande et au Laos dès le 3ième siècle avant Jésus-Christ. On le retrouvera en Chine et au Vietmam au premier et deuxième siècles de notre ère. De là, il s'implanta en Corée dans les troisième et quatrième siècles. De Chine et de Corée, il atteignit le Japon au 6ième siècle, donc plus de mille ans après son apparition en Inde. À la même époque, il passa de Chine au Tibet, mais en s'implantant lentement, sur une période de quelques cinq siècles.

Il y a trois grands courants de bouddhisme qui se sont développés au fil des siècles et des rencontres avec les cultures et religions locales, surtout en Chine. Le plus ancien est le bouddhisme Théravada - l'école des anciens - que par condescendance les tenants du Grand Véhicule appellent Hinayana : le Petit Véhicule. On le trouve principalement en Birmanie, en Thaïlande et au Vietnam. Il est caractérisé par une croyance en l'illumination par soi-même, c'est-à-dire que c'est par nos efforts, étude et discipline, que l'on peut atteindre le nirvana. De plus ceci ne peut être réalisé que dans le cadre des monastères, et encore aujourd'hui il est de coutume dans ces pays pour un homme de passer quelques années de sa vie dans les ordres.

Cette forme de bouddhisme est sans doute la plus près de l'enseignement original du Bouddha. Son idéal est celui du arhat, aussi appelé rakan ou lohan au Japon. C'est ainsi que l'on appelle les disciples du Bouddha. Il n'y a pas de dieux, autre que le Bouddha historique et l'iconographie Théravada représente généralement les quatre (ou huit) épisodes principaux de la vie de Shakyamouni, des épisodes de ses vies antérieures, appelées jatakas, et des symboles, comme la roue, le lotus ou l'arbre.

Ensuite vient l'école Mahayana, le Grand Véhicule, que l'on trouve principalement en Chine, en Corée, au Japon, au Tibet et en Mongolie. La majorité des sectes Mahayana proposent une illumination par autrui, cet autrui étant des divinités bienveillantes, appelées bodhisattva, personnages illuminés, mais ayant reporté leur ascension au nirvana pour aider le commun des mortels à les rejoindre. Ces dieux se prêtent bien à être représentés en statues et la majeure partie de la statuaire bouddhiste est rattachée au courant Mahayana. Grâce à ce système l'illumination n'est plus réservée aux moines, mais est aussi accessible, après multiples réincarnations, aux laïcs.

Cependant, les sectes chan et zen, qui sont du courant Mahayana, défendent une illumination pas soi-même proche de la tradition Théravada... Comme quoi on ne peut se fier à rien en ce bas monde, ou est-ce un de ces koan, ces énigmes impossibles à résoudre logiquement dont les moines zen se délectent? Il est aussi à noter que les sectes amidistes proposent un raccourci, en passant par le Paradis occidental.

Le bouddhisme Vajrayana, aussi dit ésotérique ou tantrique - le Véhicule de Diamant ou de la Foudre - est originaire de l'Inde d'où il s'est répandu en Chine et au Tibet. Il serait une branche de Mahayana influencée par les philosophies tantriques de l'hindouisme. Il promet une illumination rapide, dans le cadre d'une seule vie, l'idée étant que le monde des phénomènes n'est pas une illusion - idée défendue par les autres tendances - et on peut accéder à la vérité qui y est cachée en utilisant la magie, la méditation, le chant et d'autres techniques. Présentant un monde complexe, habité par de multiples divinités, l'iconographie Vajrayana est riche et diverse. Le Bouddha historique y est vu comme une des manifestations du bouddha cosmique. Cette tendance n'existerait plus qu'au Tibet et dans les sectes ésotériques japonaises.

La cosmologie

Au centre du monde, comme un axe gigantesque, il y a le mont Neru, duquel partent les niveaux du Paradis. Y vivent le bouddha céleste, parfois identifié ou remplacé par Indra, les trente-trois dieux principaux, et les gardiens des quatre directions. Autour il y a d'abord sept chaînes de montagnes concentriques, chacunes séparées par un océan, puis le grand océan, qui contient quatre continents, un pour chaque direction, celui au sud étant celui où vivent les humains. Puis il y a un mur de pierre encerclant le monde.

Plusieurs temples de l'Asie du sud-est, comme Angkor Wat au Cambodge ou Wat Arun à Bangkok (Thaïlande), sont organisés de semblable façon, et les mandalas du bouddhisme ésotérique illustrent schématiquement la chose.

En conclusion de cette première partie et juste pour satisfaire ma propention à couper les cheveux en quatre, je vous donne les trois joyaux du bouddhisme :

  • Le Bouddha
  • Le dharma, la loi menant à l'illumination
  • La sangha, c'est-à-dire l'organisation monastique

que l'on trouve entiers dans cette déclaration de foi : "je prends refuge dans le Bouddha, je prends refuge dans le Dharma, je prends refuge dans la Sangha".

Deuxième partie: Bouddhisme au Japon




Page d'accueil